Dossier d'une restauration de GT4,
Laurent nous conte son expérience ...


Suite des travaux sur la carrosserie ;

Les tâches qui étaient prévues pour être réalisées en août 2008 ne le seront finalement qu’en avril 2009. Ce n’est pas bien grave, avec Patrick, on s’y recolle pendant une semaine « à fond dedans ». Nous nous occupons du coffre avant, qu’il fallait finir de réparer. Nous avions posé l’année dernière plusieurs petits moules pour reboucher les trous provoqués par l’accident de l’auto, et il nous fallait reprendre complètement la forme arrondie du logement de la roue de secours. Comme d’habitude, ponçage, nettoyage, reponçage et re-nettoyage au programme avant de commencer. On en profite pour renforcer les cotés de ce logement (là ou précédemment une petite tôle de renfort était montée d’origine pour rigidifier cette partie). En effet, c’est à ces deux endroits (de chaque coté du logement de roue de secours) que vient poser en appui le châssis lorsqu’il est en place. Nous faisons sauter les nombreux rivets (eh oui, il y en a encore !) avant de mettre au propre et d’entoiler. Les petites plaques d’acier d’origine noyées dans la fibre ayant leur utilité, je vais en reconstruire en inox, afin de retrouver une configuration standard. La restauration de cette partie de l’auto se fait ensuite de la manière standard : 3 couches de mat en 450g associées à un tissu en 300g, chacune « débullée ». Bien entendu, les coupes de mat ont été mises en forme avant la pose, afin de respecter les angles et épouser parfaitement la partie à réparer. Les stirodurs qui ont servis de moule sont maintenant enlevés.


on redresse l'arrondi du fond de coffre avant.


on ré-entoile.



les rivets s'en sont allés ...

En parallèle, les nombreux petits travaux qu’il restait à faire comme la restauration du logement de la banquette arrière ou des petits trous restants çà et là ont été faits et ne comportaient aucune difficulté particulière. Suivant la nature du travail à effectuer, nous avons utilisé du mat et du tissus bien sûr, mais aussi du mastic colle et de la résine armée, mais dans proportions très faibles.





L’arrière de l’auto est lui aussi maintenant terminé au niveau des réparations. La jupe arrière ne ressemble plus du tout à du chewing-gum, elle est bien rigide et propre. Les passages d’ailes arrières sont nettoyés, là aussi tous les rivets (enfin je crois…) ont été enlevés pour la pose future des éléments de caisse rapportés (une fois que le châssis sera à nouveau en place).



Patrick à l'oeuvre ; respect ...


Un gros souci en moins !


Les passages d'ailes sont propres maintenant.


"ça se termine..." (on s'est dit çà au moins 50 fois pendant la semaine...)

On a profité que la demoiselle avait encore les fesses à l’air pour refaire aussi l’arceau d’origine qui sert à la rigidité du pavillon. Nous avons coupé les quelques ligatures en fibre pour dégager la barre de métal, que nous avons traité antirouille (et ce n’était pas un luxe) puis nous l’avons remis en place comme à l’origine.

On fait le tour de l’auto : apparemment, on n’a rien oublié : tout semble réparé. Patrick et moi commençons à mesurer petit à petit tous les travaux et toutes les heures passées pour en arriver là ; car maintenant le verdict va tomber : l’auto va reprendre une position normale ! Je me souviens des tergiversations un an auparavant lorsque nous avions décidé de retourner la caisse sans le châssis et sans le tourne broche. Nous craignions qu’elle ne se brise définitivement en regard de l’état déplorable dans lequel elle se trouvait. Aujourd’hui, c’est sans aucune appréhension que nous remettons la mémère dans une position plus digne, après avoir au préalable enlevé le pare brise qui nous servait jusque là d’élément rigidificateur. Elle nous le rend bien, aucun craquement suspect ne vient troubler notre sérénité. La vieille dame a retrouvé des forces !


ça commence à prendre forme.

Un bon coup de nettoyage au karcher, histoire d’enlever la poussière et la saleté accumulées et on repart sur du propre. La suite des travaux continue par la préparation d’un moule pour le support de batterie, car ce dernier – partie du coffre avant – est en très mauvais état. Pendant que Patrick s’occupe de cirer 5 fois ce fameux moule et de créer la nouvelle pièce, je découpe le vieux et je mets tout le coffre avant au propre. Ah, poussière….pourquoi çà gratte tant, la poussière de fibre ? On en profite pour tirer une seconde pièce de ce moule pour le GT4 de Thierry. Le coffre avant sera doublé par du mat dans les semaines qui viennent.

On double ensuite les planchers par l’intérieur de l’auto, comme à l’origine chez Chappe et Gessalin, avec du contreplaqué marine, que l’on noie sous 3 couches de mat et une de tissu. Ainsi les sièges seront fixés comme ils pouvaient l’être il y a plus de 40 ans. Je dépose en parallèle tous les profilés aluminium des custodes arrière et du dessous de toit pour le ponçage. Ces profilés font parties des pièces spécifiques Alpine, ils sont malheureusement abîmés mais ils vont me servir pour le galbe et la longueur des nouveaux. Je récupère à cette occasion les petits pivots des custodes arrière.

A ce stade, on peut dire que les réparations en elles-mêmes sur la caisse sont désormais terminées. La prochaine étape consistera à commencer les travaux de finition et le rebouchage des fissures pour terminer par le ré-entoilage complet de la caisse avec du rowing très fin.


Tout est dit !

La tâche suivante débute en août 2009 par le ré-assemblage des deux éléments du capot de coffre avant. Cette pièce était manquante sur mon auto et j'ai donc dû reconstruire les deux parties qui composent ce capot. J'avais la chance d'avoir sur l'auto la charnière et les équerres qui sont spécifiques pour le montage. Nous avons décidé de faire l'assemblage de l'ensemble directement sur l'auto, car ayant rendu son capot à Thierry qui me l'avait prété au tout début pour contrôler si la caisse n'était pas vrillée, je n'avais plus de repère quant à l'épaisseur de la pièce ni à son ajustement dans son logement.

Nous avons donc remonté la charnière dans le coffre avant et Patrick a confectionné des cales en polystirène qu'il a placé dans la gouttière dévacuation d'eau du coffre. Ces cales sont mises à la bonne hauteur pour que le capot une fois en place et assemblé, vienne à fleur de la carrosserie, sans sortir ou rentrer d'un coté ou de l'autre, et parfaitement centré dans son logement. Plusieurs essais furent nécessaires...

Pendant le collage, le capot sera maintenu en place par des planchettes de bois vissées dans la carrosserie qui vont venir plaquer les deux éléments de la pièce sur les cales.C'est la technique classique utilisée pour ce genre d'opérations.
En parallèle, le support de batterie neuf que nous avions construit en avril dernier est mis en place dans le coffre avant, avec la plaque de fermeture d'aile qui se monte derrière. Cette plaque est celle d'origine qui a été consolidée et ajustée.



découpe des cales.


la charnière du capot AV est mise en place.


Patrick fixe l'élément intérieur du capot.


Cale de maintient du capot pendant le séchage.


Tout est en place et ajusté, à ce stade.


Le capot est terminé, les cales sont enlevées... C'est une Alpine !!!


c'est écrit dessus !!!

La découpe disgracieuse de l'emplacement d'un ancien autoradio dans le tableau de bord est refermée à la fibre pendant le temps de séchage du capot et les réparations nécéssaires qui étaitent à faire dans le logement des instruments sont réalisées. Ce GT4 est un modèle « 1300 » d'origine, il est donc normal que le tableau de bord comporte outre les deux instruments principaux (compte-tours et compteur), trois emplacements pour recevoir d'origine un ampèremètre, un manomètre de pression d'huile et un manomètre de température d'eau. Le modèle étant de 1967, le logo Renault figure sur la face avant de l'auto. Ce logo est d'origine Caravelle.

En parallèle, nous commençons à préparer la caisse pour son ponçage intégral jusqu'à la toile (quasiment). L'auto a beaucoup souffert non seulement des chocs qu'elle a connu dans le passé (voir les multiples réparations éffectuées!) mais aussi de son mauvais stockage pendant des années, ce qui a occasionné une dégradation quasi totale de la peinture et de son apprêt. A de nombreux endroits , le gel coat lui même présente des fissures. Le ponçage intégral jusqu'à la toile nous semble nécessaire, car il est possible que des réparations plus ou moins heureuses aient pu être faites dans le passé mouvementé de l'auto et qu'elles soient encore cachées sous ce qu'il reste de peinture. En mettant à nu la fibre, nous en aurons le coeur net. Bien nous en a pris... Cette partie du travail a occupé une semaine complète.

Nous avons ainsi trouvé une belle entaille qui remonte du bas d'aile avant droite jusqu'au haut de l'arête de phare avec un trou relativement conséquent à sa base. La réparation avait été faite au mastic de carrossier, qui est tout simplement tombé par terre lorsque l'aile a commencé à être poncée... Toute l'aile arrière gauche a elle aussi été entièrement refaite dans le passé, mais il y a de fortes probabilités que ce ne soit pas le même carrossier qui ait effectué ces deux réparations, car sur l'aile arrière, le travail est exemplaire et il n'y aura aucune retouche à faire. Enfin une dernière surprise s'offre à nous sur l'aile arrière droite, où un trou a été mal rebouché, le mastic probablement mal dosé n'a pas adhéré à la fibre.

Encore quelques heures de bonheur devant nous en octobre prochain, où ces réparations seront effectuées et la caisse ré-entoilée avec du roving très fin (86gr/m²) avant de rentrer en apprêt pour la peinture.


Le tableau de bord réparé.


On retrouve l'emplacement du logo C&G sur l'aile ; et l'emplacement de l'antenne est rebouché.


L'auto est entièrement poncée et attend ses dernières petites réparations avant ré-entoilage.


La partie arrière.


Le support batterie et sa plaque de fermeture arrière.

retour