Dossier d'une restauration de GT4,
Laurent nous conte son expérience ...


Attaquons la carrosserie ;

Je vais faire l'inventaire des travaux importants à réaliser sur la carrosserie:

Mon ami Patrick vient passer une huitaine de jours à la maison pour me donner la main sur l'auto et m'apprendre les techniques de la fibre de verre. Je me fie donc complètement à ses conseils avisés vu la très grande expérience qu'il a dans ce domaine.

A ce stade, je pense devoir confectionner un "tourne broche" sur lequel j'aurais fixé châssis et caisse afin d'opérer un retournement sans risque de l'ensemble. En effet, en raison de l'état de fragilité extrême de la caisse, j'ai peur de la voir se fracturer définitivement en deux. J'ai donc acheté tout le matériel pour en confectionner un, j'avais pris des photos d'un tourne broche de berlinette, calculer les déports etc.
Patrick pense que l'on peut tenter le coup de la retourner doucement sans le châssis. En y allant très progressivement on verra comment se comporte la caisse en regard de son état. Et là bonne nouvelle ; la vieille dame apparaît de bonne volonté et se comporte de la meilleure manière qui soit ! Le tourne broche sera donc inutile. Du temps de gagné! La GT4 va donc rejoindre l'abri couvert dans lequel elle va séjourner plusieurs mois et commencer sa cure de jouvence.



Voyons Mademoiselle, un peu de tenue ...


oh, un trou !!! ...


Et çà continue, encore et encore , c'est que le début, d'accord d'accord...


Des p'tits trous, des p'tits trous, toujours des p'tits trous ...

Nous posons alors au sol un petit support réalisé avec deux grandes planches de coffrage de maçons, bien larges et nous disposons la caisse dessus en observant les réactions de la mémère et guettant le moindre craquement suspect. Tout se passe bien. Nous pigeons de manière grossière la caisse afin de voir si on décèle une quelconque déformation ou vrillage : rien ne nous paraît anormal et nous décidons alors de poser le capot avant que m'a prêté Thierry et le pare brise de Caravelle ainsi que joint pour voir si tout va bien. Deuxième bonne surprise: les deux éléments se posent bien, le capot ne montre pas d'affaissement dans la caisse car il s'ajuste très bien dans son logement, les mesures entre les différents points sont bonnes. Quant au pare brise, il prouve par sa mise en place que le pavillon n'est pas vrillé. Ouf !!!


Bonne volonté, cette GT4

Décision prise à ce moment : " On la retourne ".
Nous la dépouillons alors de tout ce qui reste dans l'auto comme les bols de phares, le restant de faisceau etc. afin de n'avoir que la caisse seule. On réalise alors un genre de matelas avec du stirodur que nous disposons sous le coffre avant et sous le coffre arrière. Patrick a ramené ses gros tréteaux métalliques sur lesquels on passe deux profilés métalliques prévus initialement pour le tourne broche. Nous laissons le pare brise en place pour aider à la rigidité.




Miss GT4 a les fesses à l'air

Relevons un peu mieux l'ampleur de la tâche, maintenant que notre Alpine se présente sous de meilleurs auspices:




le raccord bas de caisse / aile avant est bien malade


Voir sous les jupes des filles...


là, il y a du boulot !!!


On dirait qu'il manque quelque chose là aussi...


Un gros soucis à cet endroit, la caisse présente une déformation qui n'inspire pas confiance

Voilà pour le principal : Maintenant on y est, on met les gants , on sort les outils et on s'y colle! (sans jeu de mots). Patrick avait estimé les quantités de matériaux à commander pour réaliser les plus gros travaux sur la caisse. J'ai ainsi prévu:

Je me suis fourni auprès d'un fournisseur qui travaille principalement dans l'industrie nautique, sur les hors bord et bateaux en fibre de verre : il s'agit de la société Composites64 basée à HASPARREN (64240). M. Romain CHAPRON est toujours disponible pour un conseil fort avisé (composite64@gmail.com). En parallèle de toutes ces observations, le châssis est contrôlé un peu plus sérieusement et ne présente pas de défaut hormis les deux points de soudures qui seront à reprendre sur le berceau arrière. Afin de faire le meilleur travail possible, nous décidons Patrick et moi de mettre le châssis en place dans la caisse , profitant que cette dernière nous montre ses dessous ... Ainsi nous saurons où exactement sont situés les points d'ancrage et surtout où vient se loger le châssis et les espaces disponibles. Sitôt dit, presque aussitôt fait ...

Le châssis se met tout seul en place, sans trop d'effort et on retombe pile poil sur les trous découpés dans la caisse pour la fixation. Bonne idée que d'avoir boulonné le châssis, M. CHAPPE et GESSALIN !!!



Après des années de séparation, les deux amants se retrouvent, le mariage sera t'il heureux ?


Tiens dis donc, çà tombe bien !


A l'arrière tout va bien...

Maintenant, les travaux sérieux vont commencer. Tout d'abord on se dégage une place suffisante pour pouvoir tourner autour de l'auto sans avoir à se gêner. On prépare deux tréteaux avec des planches pour se faire une petite table de travail recouverte de plastique, on range ensemble sur une étagère à portée les outils, la visserie, les gants, les produits....Chacun à sa place, d'où un gain de temps : on n'a pas à chercher ce qu'il nous faut. On prépare la balance électronique pour doser le durcisseur, on remplit deux grandes bouteilles de lessives recyclées (gentiment offertes par Madame) de résine, le bec verseur étant un atout non négligeable pour réaliser les bon dosages.


On se met en place...

Nous avons mené plusieurs chantiers en même temps en fonction des temps de séchage, notamment en travaillant simultanément sur l'arrière et l'avant de l'auto. Mais pour des raisons pratiques, je vais présenter un petit résumé de chaque partie, en commençant par l'avant.

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